Pérennité

La pérennité de l’activité ferroviaire est étroitement liée à la qualité de la maintenance. Trains, équipements et infrastructures sont soigneusement contrôlés et réhabilités tout au long de leur vie. La maintenance garantit le niveau requis de sécurité et les conditions optimales d’exploitation. Les méthodes de maintenance sont de plus en plus automatisées et innovantes. Situés dans les grands centres ferroviaires historiques, les ateliers sont répartis par spécialités. À Casa-Port, l’entretien de toutes les rames automotrices, à Casa-Voyageurs, la maintenance des locomotives électriques. L’atelier de Meknès assure celle des wagons voyageurs et une partie des locomotives diesel. À Oujda, transitent tous les wagons de fret et les locomotives diesel ; Jorf Lasfar effectue la maintenance des wagons spécialisés dans le phosphate. Chaque atelier a ses spécificités pour les révisions et les réhabilitations au long cours. Outre un programme annuel de maintenance à respecter, les ateliers doivent assurer la disponibilité quotidienne d’un certain nombre de trains.

D’importants moyens financiers et humains sont consentis pour assurer la maintenance de l’infrastructure ferroviaire. Au cours des dix dernières années, 8 milliards de dirhams ont été investis pour le secteur. Face aux enjeux de l’avenir, l’ONCF a pris une décision stratégique : s’organiser en filiales pour la sous-traitance de la maintenance. Ceci afin de développer les nouvelles technologies, de renforcer la sous-traitance industrielle localement et d’optimiser les coûts, tout en conservant le contrôle.

La maintenance quotidienne, une garantie pour la sécurité et la qualité de service. Chaque soir, à la fin de sa rotation, le train rentre au centre le plus proche de son terminus pour recevoir une visite de contrôle. Cet examen de sécurité le déclare apte à repartir le lendemain. Les trains sont nettoyés, et tout est vérifié : les organes de sécurité et de roulement, mais aussi les équipements de confort – éclairage, climatisation, sièges, sonorisation, ravitaillement sanitaire, etc. Une fois par mois, la visite est renforcée et approfondie, et deux fois par an, tous les véhicules ferroviaires – rames, locomotives, voitures, wagons – subissent une visite générale. Toutes les pièces sont alors contrôlées, et réparées s’il y a lieu, dans les ateliers disposant du matériel approprié.

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LES ATELIERS DE MAINTENANCE

Des traitements en profondeur sont réalisés sur les rames automotrices et les locomotives, obligatoires à partir d’un certain nombre de kilomètres. Ces révisions immobilisent les machines dans les ateliers spécialisés. Selon le type de révision, la caisse, les roues, les bogies et les organes électriques sont démontés et traités. Les interventions sont lourdes et coûteuses – 5 milliards de dirhams depuis 15 ans. Les voitures, quant à elles, sont révisées en fonction de leur année de fabrication et de leur kilométrage. Les locomotives diesel sont révisées à partir de 450 000 kilomètres. L’atelier de Meknès, l’un des plus importants établissements industriels avec Oujda de par sa taille et ses activités, possède en plus deux spécialités uniques au Maroc : la fabrication de semelles de frein pour l’ensemble des trains du réseau et une fonderie.

Au plus près de la voie. La sécurité des trains dépend de la bonne maintenance des voies. Sous l’action du passage des roues, des variations de température et du poids des trains, les rails bougent, s’usent, et des fissures externes peuvent alors apparaître. La maintenance est réalisée à l’aide d’engins nouvelle génération, adaptés aux exigences technologiques. La voie vit ainsi plus longtemps et les coûts de maintenance sont réduits. Vérifier les profils des rails, leur usure, leurs défauts de surface… c’est le travail des engins de mesure qui, plusieurs fois par an, scannent la voie pour enregistrer ses caractéristiques et sa qualité géométrique. En fonction des données, aussitôt informatisées, des interventions sont planifiées. Des systèmes de mesure vérifient le ballast, des bourreuses le creusent et rectifient son tassement pour corriger le tracé de la voie ; la meuleuse élimine les défauts de surface. D’autres engins auscultent les soudures à l’intérieur des voies, ou vérifient que les caténaires sont bien dans l’axe de la voie ferrée.

Créer une véritable industrie au Maroc est un des grands projets du secteur ferroviaire. La SCIF (Société chérifienne de matériel industriel et ferroviaire), dont l’ONCF est actionnaire, est un laboratoire d’essais privilégié. Elle est aujourd’hui la seule usine équipée pour fabriquer des voitures, des wagons fret, depuis l’étude jusqu’à la mise en service. Elle effectue également la rénovation du matériel ferroviaire. Depuis 2007, 340 wagons en aluminium pour le transport de phosphates, 90 wagons dédiés au transport du charbon et plus de 200 voitures voyageurs sont sortis de ses usines. La SCIF se positionne comme intégrateur d’ensemble. L’ONCF a pour ambition de favoriser la création de pôles d’expertise dans le domaine de l’industrie ferroviaire, à l’instar de ce qui a été fait dans l’automobile et l’aéronautique.

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ATELIER LGV

L’atelier LGV, une réalisation exceptionnelle ! Situé aux abords de la gare de Moghogha, au sud-est de Tanger, l’atelier dimensionné pour la maintenance de 30 rames à grande vitesse impressionne par sa modernité et sa technicité : 14 voies électrifiées sont destinées aux visites quotidiennes et aux grandes réparations. La halle de maintenance, à l’architecture épurée, est abritée par une toile géante ponctuée de plexiglas ultrarésistant et translucide, qui assure la ventilation et un éclairage naturel. Le soir, les projecteurs orientés vers la toile offrent une lumière réfractée. D’un côté se trouvent les bâtiments administratifs, de l’autre, les ateliers spécialisés, les magasins de pièces de rechange et, au bout des voies, le poste d’aiguillage informatisé qui commande les mouvements de trains et les autorisations de déplacement. Ici, on respecte l’environnement : station d’épuration, récupération des eaux de pluie, panneaux solaires.



[ZOOM] : Des wagons de pompier

Très bien équipés, ces wagons rouge pimpant sont prêts à intervenir sur les voies où la Protection civile ne peut accéder. Ils sont équipés d’une citerne d’eau de 34 000 litres – trois fois la capacité d’un camion de pompier –, de masques, d’appareils de désincarcération, de casques, de motopompes, de bouteilles d’oxygène, de lances… Ces wagons, construits à Oujda, sont parqués à Fès, Kénitra, Rabat Agdal, Tanger et Sidi Kacem.

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[ZOOM] : Un engin performant

Mis en service en 1998 et entièrement modernisée en 2013, l’EM120 est une machine capable d’analyser la qualité de la voie et de la caténaire avec une précision chirurgicale. Elle est équipée d’un laser tournant qui permet de mesurer tous les paramètres géométriques de la voie : écartement des rails, état des rails, du ballast, des traverses. Dotée d’équipements électroniques et informatiques de mesure et de traitement des données, elle enregistre en vidéo les éléments constitutifs de la voie. Un système GPS garantit la reproductivité des mesures.



  • En quinze ans

    Maintenance des infrastructures :
    > 33 % du réseau est constitué des voies construites ou renouvelées depuis moins de 10 ans.
    > 31 % du réseau est constitué de caténaires construites ou renouvelées depuis moins de 10 ans.

    Maintenance du matériel :
    > de 130 à 500 voitures rénovées (Corail et voitures rames automotrices) ;
    > 4 000 interventions réalisées sur le matériel en moyenne par an.

    55% de l’effectif ONCF est dédié à l’infrastructure et au matériel (4300 collaborateurs)


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